Paul Auster – Seul dans le noir

Roman publié en 2008 sous le titre original ‘Man in the Dark’

Paul Auster,  écrivain New-yorkais né en 1947, et grand connaisseur de la culture Française a publié une trentaine de romans et une dizaine de prix.

Présentation de l’éditeur

« Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m’efforçant de venir à bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain. »

Ainsi commence le récit d’August Brill, critique littéraire à la retraite, qui, contraint à l’immobilité par un accident de voiture, s’est installé dans le Vermont, chez sa fille Miriam, laquelle ne parvient pas à guérir de la blessure que lui a infligée un divorce pourtant déjà vieux de cinq ans, et qui vient de recueillir sa propre fille, Katya, anéantie par la mort en Irak, dans des conditions atroces, d’un jeune homme avec lequel elle avait rompu, précipitant ainsi, croit-elle, le départ de ce dernier pour Bagdad…

Pour échapper aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, peu glorieux, qui l’assaillent dans cette maison des âmes en peine, Brill se réfugie dans des fictions diverses dont il agrémente ses innombrables insomnies. Cette nuit-là, il met en scène un monde parallèle où le 11 Septembre n’aurait pas eu lieu et où l’Amérique ne serait pas en guerre contre l’Irak mais en proie à une impitoyable guerre civile. Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s’interpénétrer comme pour se lire et se dire l’une l’autre, pour interroger la responsabilité de l’individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l’Histoire.

En plaçant ici la guerre à l’origine d’une perturbation capable d’inventer la « catastrophe » d’une fiction qui abolit les lois de la causalité, Paul Auster établit, dans cette puissante allégorie, un lien entre les désarrois de la conscience américaine contemporaine et l’infatigable et fécond questionnement qu’il poursuit quant à l’étrangeté des chemins qu’emprunte, pour advenir, l’invention romanesque.

(source: Actes Sud – 2009)
Mon avis

Un roman servi par le style remarquable de Paul Auster où un homme accablé par une suite d’épreuves (accident de voiture, décès de son épouse, dépression de sa petit-fille suite au décès de l’ex petit-copain, etc. ) gère son insomnie et le contenu de ses rèves (ou plutôt ses cauchemars) en direct.

Beaucoup de circularité dans la construction avec un personnage principal qui est critique littéraire,  le contenu du rêve lui-même, dont l’interruption soudaine a pour effet curieux, et saisissant, de relancer la lecture du livre dans une autre direction.

Le contenu et la tonalité du rève fait penser  à celui d’Anna Blume.

Toutefois, Anna Blume est, en tout cas en première lecture, un livre de fiction pure, une création littéraire, alors qu’ici les références à l’après 11 septembre, Bagdad, la scéne de la décapitation bien gore (au sens propre du terme) , et décrite de long en large, du gentil américain   desservent complètement à mon sens le livre et l’auteur : le livre, d’une part, car j’ai eu l’impression de finir les derniers chapitres avec le contenu d’un mauvais tabloïd  et l’auteur, d’autre part,  car on se demande bien qu’elle a été son intention en l’écrivant : produire de la littéraire  ou un ‘objet’ de  propagande politique en période électorale – comme le laisse craindre ses interviews accordées lors de sa parution ?

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