Roman publié en 1994 sous le titre original Felicia’s Journey pour lequel il a reçu le Whitbread Prize.
Sir William Trevor est né en 1928 en Irlande (Mitchelstownen). Enseignant, sculpteur puis romancier et nouvelliste il s’installe à Londres en 1954.
William Trevor a écrit une quarantaine de livres et a reçu une quinzaine de prix littéraires. Ses œuvres ont été progressivement traduites en français à partir des années 80.
Présentation de l’éditeur
Elle cherche Johnny. Désespérément, c’est-à-dire – paradoxe des mots – l’espoir chevillé à l’âme et au corps. Johnny et Felicia se sont connus au pavs, en Irlande, à la faveur d’un mariage. Brève rencontre : ils s’aiment ou croient s’aimer ; lui regagne l’Angleterre où il a trouvé du travail – sans laisser d’adresse. Elle décide de franchir la mer pour le retrouver.
Felicia erre dans la grande ville noire, autrefois fleuron de l’industrie anglaise triomphante, aujourd’hui cité dévastée par la crise, le chômage, le racisme, la violence. Johnny reste introuvable. Portée par une passion, qu’alimente le seul souvenir d’un instant volé, Felicia finit par s’enfermer dans son rêve, sans espoir de secours, bientôt incapable d’empoigner la réalité qui s’offre. Inapte au métier de vivre, elle ne se soutient plus que de cet amour fantôme.
Son errance l’expose à d’étranges rencontres. Ainsi croisera-t-elle la route de Hilditch, inquiétant compagnon d’infortune, âme perdue dans ses fables – assassin peut-être. Il ne pourra pas 1′empêcher d’aller jusqu’au bout de sa dérive : quête sans absolu, absurde descente aux enfers fouettée par tous les mauvais vents du sort, où même 1′ordinaire solidarité humaine fait défaut – sinon entre paumés… et encore.
Aucun coup de tonnerre au long de cette tempête que 1′on dirait filmee au ralenti et qui débouche sur un silence sidérant : ce silence auquel le monde d’aujourd’hui, en sa folie, refuse obstinément de prêter l’oreille.
( Source : Editions Phébus - 1996 )
Mon avis
Une fille paumée croise sans le savoir un individu qui s’apparente à un serial-killer.
Il est très curieusement difficile de dater quand se situe l’intrigue : dans des chapitres entiers on se croirait au XIX siècle, dans d’autres le thatchérisme et ses conséquences glissés dans le texte nous ramène à la vraie chronologie du livre.
Les trajectoires de personnages sont banalement ordinaires mais leur psychologie est crédible et l’intrigue en elle-même est bien menée.
Un bon livre.

